Donald Trump : quatre options contre la Corée du Nord

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De notre correspondant permanent aux Etats-Unis. – Depuis neuf jours, toutes les cellules de la Maison Blanche, du département d’Etat, du Pentagone et des services de renseignement directement branchées sur la Corée du Nord multiplient leurs réunions pour tenter de trouver une riposte au défi lancé par Kim Jong-un. Un défi qui a bouleversé la situation dans l’Est-Pacifique. Un défi qui, selon les termes de William Perry, secrétaire à la Défense, « a changé tous les calculs des Etats-Unis dans la région ». Le 4 juillet dernier, le jour même de la fête nationale américaine, la Corée du Nord a lancé, pour la première fois, un missile balistique intercontinental (ICBM) dont le vol de près de 3 000 kilomètres en 37 minutes à travers l’espace impressionna les experts et angoisse les politiques. Si la ville de Los Angeles est encore hors de portée du sinistre Kim, il pourrait d’ores et déjà réduire en cendres l’Etat de l’Alaska. En 37 minutes, Kim a procédé à une formidable redistribution des cartes dans une région ultrasensible.

En apparence, Washington n’a pas changé d’aspect : l’agitation des médias, les frustrations des démocrates, le désarroi des républicains et, tout en haut, Donald Trump, qui poursuit, imperturbable, la réalisation de son programme. En réalité, la capitale dans ses recoins essentiels se trouve sous pression : Kim la tourmente, Kim l’obsède. Comment lui répondre ? Quatre options. La première combine les sanctions économiques, des manœuvres aéronavales d’intimidation dans les eaux sud-coréennes et l’accélération du cyber-programme de sabotage des lancements de missiles nord-coréens. Spectaculaire conjugaison de moyens dont Kim a cependant réussi à se jouer puisque son test du 4 juillet fut un succès. La deuxième option s’est révélée aussi décevante que la première : les pressions exercées sur le président chinois Xi Jinping afin qu’il muselle les ambitions de son féal furent sans effets. Pékin préfère le stalinisme de Kim à Pyong Yang plutôt qu’un régime à la solde de Washington.

Restent deux autres options qui pourraient s’avérer tout aussi bancales que les deux premières. Le Pentagone a déjà imaginé un pilonnage (bombes et missiles) des points névralgiques de la Corée du Nord dès la détection d’un lancement imminent d’ICBM. Foudroyante riposte par anticipation : la meilleure, la plus chargée de signification. L’ennui est que Kim a eu largement le temps de camoufler toute une variété de missiles à moyenne portée qui resteraient, dans ce cas, hors d’atteinte du feu américain. Kim pourrait s’en servir pour asperger Séoul, capitale de dix millions d’habitants de la Corée du Sud. La hantise d’un carnage est la meilleure protection d’un psychopathe. La quatrième et dernière option ne semble pas plus encourageante. C’est la négociation et le « gel » de l’arsenal nucléaire nord-coréen. Bill Clinton, George Bush et Barack Obama ont emprunté successivement cette voie avec le succès que l’on devine. Ainsi, la négociation n’est pas une idée neuve mais elle reste une fausse bonne idée. Pour une raison simple : le destin de Kim et l’avenir de son régime dépendent de l’arme nucléaire. Pas question de s’en séparer. Pas question de la « geler ». Ainsi, la balle demeure dans le camp américain. Elle pourrait y rester encore longtemps. A moins qu’une cinquième option ne sorte des cartons des cellules de crise qui enfièvrent secrètement Washington.

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2 commentaires

  1. Posté par Loulou le

    Peut-être que la meilleure solution serait d’intercepter en vol le prochain missile tiré par la Corée socialiste. L’équipement existe.

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